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Quels traitements envisager sous US GAAP ?

il y a 2 heures
3 min de lecture

Une société américaine reçoit 1 000 000 USD en stablecoins pour régler une créance client. Le contrôleur ne doit pas commencer par la volatilité du jeton. Il doit d'abord lire le contrat : l'entreprise détient-elle un droit exécutoire au remboursement, contre qui, dans quelle monnaie et sous quelles conditions ? Cette réponse détermine si le jeton entre dans le nouveau modèle américain des crypto-actifs ou relève d'une autre analyse.

 

Distinguer les six critères US GAAP des droits contractuels du détenteur.

 

 

Le premier test porte sur les droits du détenteur

 

L'ASU 2023-08 a créé le Subtopic 350-60 pour certains crypto-actifs. Son champ exige six conditions cumulatives : actif incorporel, absence de droit exécutoire sur des biens, services ou autres actifs sous-jacents, inscription sur un registre distribué, sécurité cryptographique, fongibilité et absence d'émission par l'entité déclarante ou une partie liée.

 

Un stablecoin remboursable ne doit donc pas être classé automatiquement comme crypto-actif au sens du Subtopic 350-60. Si le détenteur possède une créance contractuelle sur l'émetteur ou sur une autre contrepartie, le critère d'absence de droit sur un actif sous-jacent peut ne pas être satisfait. L'équipe comptable doit conserver les conditions d'émission, le contrat de compte, la politique de remboursement et l'identité juridique du débiteur. Le nom du jeton et son objectif de parité avec le dollar ne prouvent rien à eux seuls.

 

Tester séparément les critères du Subtopic 350-60 et les droits au remboursement.

 

 

Lorsque les six critères sont réunis

 

Un actif compris dans le Subtopic 350-60 est évalué à la juste valeur à chaque clôture, avec les variations en résultat net. Les amendements s'appliquent aux exercices ouverts après le 15 décembre 2024, y compris les périodes intermédiaires de ces exercices. Ils imposent aussi des informations sur les avoirs significatifs, leur coût, leur juste valeur, le nombre d'unités et certaines restrictions contractuelles de cession.

 

Le dossier de clôture doit relier chaque solde à un actif déterminé, documenter la source de prix, rapprocher les unités détenues et identifier les restrictions. L'ASU ne règle pas à elle seule toutes les questions de comptabilisation initiale ou de décomptabilisation.

 

 

Lorsqu'un droit contractuel existe

 

Si le stablecoin confère un droit exécutoire au remboursement, l'entreprise doit sortir du raccourci « crypto-actif à la juste valeur » et identifier la nature du droit selon les autres dispositions applicables des US GAAP. Le résultat dépend du contrat, de la contrepartie, des restrictions et des modalités de règlement. Une promesse commerciale de maintien à un dollar ne suffit pas ; il faut établir qui doit payer et ce que l'entreprise peut exiger.

 

Le mémo comptable doit répondre à quatre questions séparées : quel actif juridique l'entreprise détient-elle ; quelle norme couvre cet actif ; comment mesurer le solde à l'entrée et à la clôture ; quelles informations permettent au lecteur des comptes de comprendre liquidité, concentration et restrictions ? Toute conclusion doit citer les clauses contractuelles qui la soutiennent.

 

 

Cas chiffré : deux jetons affichés à un dollar

 

Cas hypothétique. Une société détient 600 000 unités du jeton A et 400 000 unités du jeton B, chacun coté autour de 1 USD à la date de réception.

 

Pour A, le contrat donne à la société un droit direct de remboursement en dollars contre l'émetteur, sous réserve d'une vérification d'identité. L'équipe documente le débiteur, les conditions de présentation et les restrictions. Elle n'applique pas le Subtopic 350-60 sans analyser d'abord ce droit.

 

Pour B, aucun droit direct sur une réserve, un émetteur ou un autre actif n'est établi. Si B remplit aussi les cinq autres critères, il peut entrer dans le Subtopic 350-60. À la clôture, une juste valeur de 0,98 USD produirait une valeur de 392 000 USD et une variation négative de 8 000 USD par rapport à 400 000 USD. Le calcul illustre la mécanique ; il ne remplace pas la vérification du champ.

 

Relier juste valeur, contrat, rapprochement et informations à fournir.

 

 

Le livrable attendu du contrôle financier

 

BECTRA structure un mémo de classement par jeton : contrat et contrepartie, droits du détenteur, test des six critères, norme retenue, méthode de mesure, source de prix, écritures et informations à fournir. Le fichier de rapprochement associe ensuite unités, adresses, dépositaire, grand livre et date de clôture.

 

Cette séparation évite qu'un même code comptable regroupe des actifs dont les droits et les modèles de mesure diffèrent. Elle permet aussi au réviseur de reprendre la décision sans dépendre du nom commercial du stablecoin.

 

 

Conclusion

 

Sous US GAAP, « stablecoin » n'est pas une catégorie comptable suffisante. Le contrôleur commence par les droits exécutoires. Il applique le Subtopic 350-60 uniquement si les six critères sont réunis ; sinon, il documente l'autre modèle applicable à partir du contrat et des faits.

 

 

Pour aller plus loin

 

 

 

 

 

Sources

 

 

 

 

 
 
 

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